
La fascination pour Borgund vient moins de son âge que de son génie conceptuel, une synthèse parfaite entre l’ingénierie navale viking et une symbolique complexe.
- Sa longévité exceptionnelle s’explique par des techniques de traitement du bois (séchage sur pied, goudronnage) héritées d’un savoir-faire ancestral.
- Ses sculptures ne sont pas de simples décorations, mais un langage iconographique qui raconte la fusion des croyances païennes et chrétiennes.
- Sa structure est une prouesse d’assemblage pensée pour résister aux pires intempéries, sans un seul clou.
Recommandation : Pour réellement l’apprécier, il faut la « lire » comme un texte architectural et non simplement la « voir » comme un monument pittoresque.
Au cœur d’une vallée verdoyante de Norvège, une silhouette sombre, hérissée de dragons et coiffée de toits multiples, semble défier le temps. C’est l’église en bois debout de Borgund. Pour le visiteur non averti, elle peut apparaître comme une simple curiosité pittoresque, un décor de conte de fées tout droit sorti de l’imaginaire scandinave. On la photographie, on admire son aspect étrange, on la compare à d’autres monuments médiévaux. Beaucoup pensent que sa valeur réside uniquement dans son ancienneté et son état de conservation remarquable.
Mais si sa véritable valeur n’était pas son pittoresque, mais l’intelligence brute de sa conception ? Si la fascination qu’elle exerce sur les historiens et les architectes venait d’une source bien plus profonde ? L’église de Borgund n’est pas un bâtiment, c’est un traité d’ingénierie vernaculaire, une symphonie structurelle inspirée de la construction navale viking et un livre de bois qui raconte la transition complexe d’une société. Elle est le témoin d’une époque où l’art de bâtir était une question de survie, de symboles et d’une connaissance intime des matériaux.
Cet article vous invite à un décryptage, couche par couche, des secrets de Borgund. Nous allons dépasser l’émerveillement premier pour comprendre les mécanismes qui en font un chef-d’œuvre d’architecture durable avant l’heure. En tant qu’architecte passionné par la conservation, je vous guiderai pour lire dans ses poutres, ses sculptures et sa structure les réponses à la question fondamentale : pourquoi, après plus de 800 ans, cette construction continue-t-elle de nous enseigner tant de choses ?
Sommaire : Les secrets architecturaux de la stavkirke de Borgund
- Comment le bois a-t-il résisté à 800 ans d’intempéries sans pourrir ?
- Comment lire les motifs de dragons entremêlés sur les portails ?
- Borgund ou Urnes : laquelle choisir si vous ne pouvez en voir qu’une ?
- L’erreur tactile à ne jamais commettre lors de la visite d’une Stavkirke
- Quel créneau horaire privilégier pour ressentir la spiritualité du lieu ?
- Pourquoi les toits étaient-ils recouverts d’écorce de bouleau et de tourbe ?
- L’erreur de déplacer les cairns de pierres qui fâche les « esprits » locaux
- Pourquoi Nidaros est-elle le pèlerinage incontournable d’Europe du Nord ?
Comment le bois a-t-il résisté à 800 ans d’intempéries sans pourrir ?
Le miracle de la conservation de Borgund ne doit rien au hasard. Il est le fruit d’une ingénierie du bois d’une intelligence remarquable, déployée en deux étapes cruciales. La première se déroulait bien avant la construction. Les maîtres bâtisseurs sélectionnaient des pins sylvestres directement en forêt. Plutôt que de les abattre immédiatement, ils les ébranchaient et les écorçaient sur pied. Cette technique permettait à l’arbre de sécher lentement, debout, pendant des années, évacuant sa sève et imprégnant le bois de sa propre résine protectrice. Ce processus, confirmé par l’étude des techniques de construction médiévales, conférait au matériau une densité et une résistance exceptionnelles.
La seconde étape intervenait après l’assemblage : la protection de surface. L’ensemble de l’église était badigeonné de goudron de pin, une technique ancestrale déjà maîtrisée par les Vikings pour leurs drakkars. Cette substance noire et épaisse ne fait pas que colorer le bois ; elle le rend imperméable à l’humidité, principal ennemi des constructions en bois, tout en possédant des propriétés antiseptiques qui repoussent champignons et insectes. C’est cette « peau » protectrice qui donne à Borgund sa teinte sombre caractéristique et qui assure sa pérennité.
Cette patine n’est pas éternelle. Elle est entretenue avec un soin méticuleux, renouvelée régulièrement pour continuer de jouer son rôle de bouclier. La longévité de Borgund est donc le résultat d’un double savoir-faire : une préparation du matériau en amont et un entretien constant en aval, une leçon d’architecture durable écrite il y a huit siècles.

Comme on peut le voir sur cette image, la patine noire n’est pas uniforme mais épouse le grain du bois, scellant chaque fibre contre les agressions extérieures. C’est cette synergie entre le matériau et son traitement qui est la clé de sa survie.
Comment lire les motifs de dragons entremêlés sur les portails ?
Les sculptures qui ornent Borgund, en particulier les portails et les pignons, ne sont pas de simples décorations. Elles constituent un véritable langage iconographique, un récit sculpté à la jonction de deux mondes : le paganisme nordique finissant et le christianisme naissant. Comme le souligne l’analyse du style d’Urnes, précurseur de celui de Borgund, ces églises ont été bâties dans une période de syncrétisme intense, où les anciens mythes n’avaient pas encore cédé toute la place à la nouvelle foi. Lire ces motifs, c’est donc déchiffrer le dialogue complexe entre ces deux cultures.
Loin d’être un chaos de serpents et de créatures, la composition suit des règles précises. Les entrelacs d’animaux, souvent des dragons ou des lions luttant contre des serpents, sont une survivance directe de l’art viking. Ces scènes symbolisent le combat éternel entre le bien et le mal. Dans un contexte chrétien, le lion ou le dragon peut représenter le Christ ou le croyant luttant contre les forces démoniaques (les serpents). Cependant, pour un esprit encore imprégné de mythologie nordique, ces dragons pouvaient aussi être vus comme des créatures apotropaïques, des gardiens puissants protégeant le lieu sacré, à l’image des figures de proue des drakkars.
Pour déchiffrer ce langage visuel, il faut prêter attention à plusieurs éléments clés :
- Les têtes de dragon aux extrémités des toits : Inspirées directement des navires vikings, leur fonction est avant tout apotropaïque. Elles sont là pour chasser les mauvais esprits et protéger le sanctuaire des menaces extérieures.
- Les motifs d’entrelacs végétaux : Souvent mêlés aux figures animales, les rinceaux et les vignes représentent le cycle de la vie, la croissance et la continuité, un symbole facilement intégré par le christianisme (la vigne du Seigneur).
- La distinction entre animaux et symboles chrétiens : Sur certains portails, des croix et des pinacles s’insèrent au milieu des protomés mythologiques. Ce voisinage n’est pas une contradiction mais une fusion, une tentative de concilier deux univers symboliques.
- La fonction de gardien spirituel : L’ensemble de ces sculptures agit comme une barrière symbolique, transformant l’église en une forteresse spirituelle, un concept hérité de la tradition guerrière et maritime viking.
Borgund ou Urnes : laquelle choisir si vous ne pouvez en voir qu’une ?
Le voyageur en Norvège est souvent confronté à un choix cornélien : visiter l’église de Borgund, la mieux préservée, ou celle d’Urnes, la plus ancienne et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il n’y a pas de mauvaise réponse, car les deux offrent des expériences radicalement différentes et complémentaires. Le choix dépend entièrement de ce que vous recherchez : l’authenticité brute ou l’élégance muséale.
Pour vous aider à décider, ce tableau comparatif synthétise les caractéristiques de chaque site, en se basant sur une analyse des églises en bois norvégiennes.
| Critère | Borgund | Urnes |
|---|---|---|
| Statut patrimonial | Mieux préservée de Norvège | Classée UNESCO |
| Date de construction | Vers 1180 | Vers 1130-1140 |
| Atmosphère | Force brute, authenticité in-situ | Élégance muséale raffinée |
| Accessibilité | Facilement accessible depuis Lærdal | Nécessite ferry ou détour |
| Expérience | Immersive et mystique dans sa vallée | Contemplative avec vue sur le fjord |
Borgund offre une expérience totale. Isolée dans sa vallée, elle a conservé une puissance évocatrice intacte. Son aspect extérieur, complexe et hérissé, est un spectacle en soi. C’est l’archétype de la stavkirke dans toute sa force. Urnes, quant à elle, séduit par le raffinement exceptionnel de ses sculptures, notamment son portail nord, considéré comme un chef-d’œuvre de l’art viking. Son emplacement majestueux surplombant le Lustrafjord ajoute une dimension contemplative à la visite.
Borgund est l’église la mieux préservée des églises en bois debout, et son bois original a été coupé en 1180. Son intérieur est moins décoré qu’Urnes, mais la plupart des structures et du décor du Moyen Âge sont préservés.
– Wanda Marcussen, World History – Les Stavkirke de Norvège
En somme, pour ressentir la magie brute et l’ingénierie d’une stavkirke dans son jus, choisissez Borgund. Pour admirer le sommet de l’art sculptural et le prestige d’un site UNESCO, privilégiez Urnes.
L’erreur tactile à ne jamais commettre lors de la visite d’une Stavkirke
Face à un mur de bois sombre et texturé, vieux de plus de huit siècles, le réflexe est presque instinctif : tendre la main pour toucher, pour sentir la matière, pour établir un contact tangible avec l’histoire. C’est pourtant l’erreur la plus dommageable que l’on puisse commettre lors de la visite d’une stavkirke comme Borgund. Ce geste, en apparence anodin, est une véritable agression pour le bois.
La raison est chimique. Comme nous l’avons vu, la survie de l’église dépend de sa « peau » de goudron de pin. Cette couche n’est pas une peinture inerte, mais une protection organique fragile. Or, la peau humaine est naturellement recouverte de sébum et possède un pH acide. Chaque contact dépose ces substances sur le bois. L’acidité et les graisses attaquent chimiquement la patine protectrice, la dégradant et créant des micro-brèches dans sa surface. Ces brèches deviennent alors des portes d’entrée pour l’humidité, les bactéries et les champignons, les ennemis jurés du bois ancien.
L’impact d’un seul contact est minime, mais multiplié par des dizaines de milliers de visiteurs chaque année, il devient une menace sérieuse pour la conservation de l’édifice. C’est pourquoi les conservateurs insistent tant sur cette règle : « regarder avec les yeux, pas avec les mains ». L’entretien de cette patine est un travail constant et coûteux. Selon le programme de préservation norvégien, le goudron doit être réappliqué tous les un à trois ans sur la façade sud (la plus exposée au soleil et à la pluie) et tous les trois à cinq ans sur les autres côtés. Chaque contact humain fragilise ce bouclier et accélère la nécessité de ces interventions délicates.
Respecter cette interdiction n’est pas qu’une question de discipline, c’est un acte de participation active à la préservation d’un patrimoine irremplaçable. C’est comprendre que l’église est un organisme vivant et fragile, et que notre rôle est de l’admirer en minimisant notre impact.
Quel créneau horaire privilégier pour ressentir la spiritualité du lieu ?
Visiter Borgund, ce n’est pas seulement observer une architecture, c’est s’immerger dans une atmosphère. Pour véritablement ressentir la spiritualité et le poids de l’histoire qui habitent ce lieu, le choix du moment de la visite est primordial. Les grandes foules et la lumière crue de la mi-journée peuvent transformer l’église en une simple attraction touristique. Pour une expérience plus profonde et personnelle, privilégiez les créneaux de lumière rasante : tôt le matin, juste après l’ouverture, ou en fin de journée, avant la fermeture.
Durant ces moments, la lumière du soleil, plus basse sur l’horizon, pénètre par les rares et étroites ouvertures de l’église, créant de spectaculaires jeux de clair-obscur. Les rais de lumière découpent l’obscurité intérieure, sculptent les volumes des piliers massifs et révèlent la texture du bois d’une manière que la lumière zénithale ne peut égaler. Cette pénombre n’est pas un défaut ; elle est une composante essentielle de l’expérience spirituelle médiévale, conçue pour favoriser le recueillement et l’introspection, en coupant le fidèle du monde extérieur pour le tourner vers l’intérieur.
C’est dans ce silence et cette lumière tamisée que les autres sens s’éveillent. L’odeur caractéristique du goudron de pin et du bois ancien, une fragrance âcre et résineuse, devient plus présente. Elle participe pleinement à l’expérience sensorielle, vous transportant huit siècles en arrière. L’acoustique particulière, avec le son de vos pas étouffé par le bois, ajoute à l’impression d’entrer dans un espace sacré, hors du temps.

L’atmosphère qui se dégage de l’intérieur à ces heures est celle d’un sanctuaire, non d’un musée. C’est l’occasion de prendre le temps, de s’asseoir quelques instants et de laisser l’ambiance du lieu vous imprégner. C’est à ce prix que l’on passe du statut de touriste à celui de pèlerin, même laïc, venu ressentir l’âme d’un chef-d’œuvre.
Pourquoi les toits étaient-ils recouverts d’écorce de bouleau et de tourbe ?
Les toits en cascade de Borgund ne sont pas seulement esthétiques, ils sont une autre démonstration du génie bioclimatique des bâtisseurs médiévaux. La couverture n’est pas faite de simples bardeaux de bois, mais d’un système complexe en « sandwich » qui combine deux matériaux locaux abondants : l’écorce de bouleau et la tourbe. Cette association représente une solution d’ingénierie remarquablement efficace pour l’époque.
Le premier composant, directement posé sur le voligeage en bois, est une superposition de couches d’écorce de bouleau. Ce matériau, souple et riche en bétuline, est naturellement imputrescible et surtout, parfaitement imperméable. Il agit comme la membrane d’étanchéité moderne, créant une barrière infaillible contre les infiltrations d’eau, même sous les pluies et la neige abondantes de la Norvège.
Cependant, l’écorce de bouleau est très légère. Seule, elle serait arrachée par la première tempête. C’est là qu’intervient le second composant : une épaisse couche de tourbe herbeuse posée par-dessus. La tourbe joue un triple rôle fondamental :
- Lest : Son poids considérable plaque l’écorce de bouleau contre la structure, l’empêchant d’être soulevée par le vent.
- Isolation thermique : La tourbe est un excellent isolant naturel. Elle protège l’église de la chaleur en été et, plus important encore, conserve la chaleur à l’intérieur durant les rudes hivers scandinaves.
- Protection mécanique : Elle protège la fragile écorce de bouleau des rayons UV du soleil et des chocs (grêle, branches…).
Ce système de toiture végétalisée avant l’heure est un exemple parfait d’architecture vernaculaire, utilisant les ressources locales pour répondre de manière ingénieuse à des contraintes climatiques extrêmes. C’est grâce à de telles innovations que des merveilles comme Borgund ont pu survivre, alors que tant d’autres ont disparu. Il ne reste aujourd’hui que 28 églises en bois debout préservées en Norvège sur les quelques milliers construites au Moyen Âge, ce qui rend la conservation de ce savoir-faire encore plus précieuse.
L’erreur de déplacer les cairns de pierres qui fâche les « esprits » locaux
Au-delà des murs de Borgund, votre voyage en Norvège vous confrontera à d’autres symboles culturels forts, notamment les innombrables cairns, ces monticules de pierres construits par l’homme qui jalonnent les paysages. Face à eux, l’envie de participer, de déplacer une pierre ou d’ajouter la sienne, est grande. C’est pourtant une erreur qui heurte profondément la philosophie norvégienne de la nature, le friluftsliv (la « vie en plein air »), et son principe cardinal : « Leave No Trace » (ne laisser aucune trace).
Ces cairns (varde en norvégien) ne sont pas des installations artistiques aléatoires. Ils ont des fonctions ancestrales et vitales. Principalement, ils servent de balisage pour les sentiers de randonnée. Dans des paysages où le brouillard peut tomber en quelques minutes, suivre ces repères de pierre peut être une question de survie. Déplacer une pierre ou créer un nouveau cairn fantaisiste peut potentiellement égarer un randonneur et le mettre en danger. C’est une perturbation irresponsable d’un système de signalisation séculaire.
De plus, de nombreux cairns ont une signification historique ou spirituelle. Certains marquent des tombes anciennes, des lieux de commémoration ou des frontières de propriétés ancestrales. Les toucher, c’est risquer de profaner un site mémoriel sans le savoir. Le respect de ces structures de pierre est donc un respect pour l’histoire, pour la sécurité des autres et pour une nature que les Norvégiens considèrent comme un espace à emprunter, non à modifier.
L’approche correcte est simple : admirez, photographiez, mais ne touchez pas. Votre passage doit être invisible. Cette éthique du respect s’applique à toute l’expérience norvégienne, de la visite silencieuse de Borgund à la randonnée solitaire dans les fjords. C’est en comprenant cette culture du respect absolu de l’environnement et de l’histoire que l’on saisit véritablement l’âme de ce pays.
À retenir
- La longévité exceptionnelle de Borgund repose sur une ingénierie du bois en deux temps : le séchage sur pied des pins et une protection constante au goudron.
- Les sculptures ne sont pas un simple décor mais un langage symbolique complexe, témoignant de la fusion entre les mythes vikings et la foi chrétienne.
- Pour une expérience authentique, il est crucial de visiter le site à des heures de faible affluence et de ne jamais toucher le bois pour préserver sa patine protectrice.
Pourquoi Nidaros est-elle le pèlerinage incontournable d’Europe du Nord ?
Si Borgund est un chef-d’œuvre d’architecture vernaculaire, la cathédrale de Nidaros, à Trondheim, en est l’aboutissement spirituel et monumental. Comprendre Nidaros, c’est comprendre la destination finale de la quête de foi pour laquelle des églises comme Borgund n’étaient souvent qu’une étape. Au Moyen Âge, Trondheim était l’un des quatre lieux de pèlerinage chrétien les plus populaires, rivalisant en importance avec Jérusalem, Rome et Saint-Jacques-de-Compostelle.
Construite sur la tombe de Saint Olav, le roi viking qui a christianisé la Norvège, Nidaros est le sanctuaire national du pays. C’est un édifice gothique colossal qui contraste radicalement avec l’humilité des stavkirkes. Pourtant, un lien indissociable les unit. Les chemins de Saint-Olav (Olavsleden), un réseau de sentiers de pèlerinage de plus de 600 km menant à Trondheim, sont jalonnés d’églises historiques, et Borgund elle-même est une étape majeure sur l’une de ces routes. Visiter Borgund prend alors une autre dimension : ce n’est plus une simple destination, mais un jalon sur un chemin spirituel millénaire.
Le pèlerinage vers Nidaros représente la quête de la lumière et de la rédemption, incarnée par la majesté de la cathédrale en pierre, tandis que les stavkirkes sombres et organiques comme Borgund symbolisent les racines profondes, parfois obscures, de la foi norvégienne. L’une ne va pas sans l’autre. Pour l’amateur d’histoire médiévale, voir Nidaros après avoir vu Borgund, c’est parcourir en quelques jours un voyage architectural et spirituel qui prenait des mois au Moyen Âge.
Plan d’action : Préparer votre visite d’un site patrimonial sensible
- Recherche en amont : Identifiez l’histoire du lieu, ses fragilités (matériaux, structures) et les règles spécifiques de visite (photographie, accès).
- Choix du moment : Planifiez votre visite en dehors des pics d’affluence (tôt le matin, fin de journée) pour une expérience plus respectueuse et immersive.
- Équipement adapté : Portez des chaussures à semelles tendres pour minimiser l’usure des sols anciens. Évitez les sacs à dos volumineux qui peuvent heurter les structures.
- Respect des interdictions : Suivez scrupuleusement les consignes : ne pas toucher les surfaces, ne pas utiliser de flash, rester sur les chemins balisés.
- Contribution : Considérez l’achat d’un billet complet ou faites un don. Ces fonds sont essentiels à la conservation et à l’entretien méticuleux de ces sites uniques.
Planifiez votre visite de ces sites, non pas comme un simple touriste, mais comme un véritable déchiffreur de l’histoire, prêt à lire les secrets que le bois et la pierre de Norvège ont à raconter.
Questions fréquentes sur le respect de la nature et des traditions en Norvège
Pourquoi ne faut-il jamais toucher aux cairns en Norvège ?
Les cairns servent à la fois de balisage vital pour les randonneurs sur les sentiers et peuvent être des monuments mémoriels ou funéraires ancestraux. Les déplacer risque de faire perdre des randonneurs ou de profaner un site sans le savoir.
Quelle est la philosophie norvégienne concernant la nature ?
Le « friluftsliv » (vie en plein air) et le principe « Leave No Trace » (ne laisser aucune trace) sont profondément ancrés dans la culture scandinave. Ils prônent un respect absolu de la nature, qui doit être laissée intacte après notre passage.
Que faire si je veux créer mon propre cairn ?
Il est fortement déconseillé de créer de nouveaux cairns. Ils peuvent prêter à confusion et induire en erreur les randonneurs qui suivent les balisages officiels. Le mieux est d’admirer et de photographier les cairns existants sans jamais les toucher ni en ajouter.